International Hyper Rythmique – Mix’Art Myrys, Toulouse – Le 15 juin 2013

Samedi soir, sur la scène musicale toulousaine, il y avait une concurrence énorme. Le festival Rio Loco battait son plein et Marc Ribot, une légende du rock, se produisait à la Prairie des Filtres avec le groupe Los Cubanos Postizos. Malgré ça, on est partis en virée un peu plus en aval du fleuve, pour rejoindre les locaux de Myrys près de l’embouchure, et assister au concert d’International Hyper Rythmique, une formation du cru, certes moins célèbre que le guitariste new-yorkais, mais qui gagne à être connue. Pour le faire court, on a été bien inspirés.

IHR est une aventure familiale, le groupe étant un trio composé de deux soeurs, Claire et Laurence Martial-Guilhem, respectivement à la batterie et à la basse, et de leur frère, Jean, préposé aux arpèges sur la six cordes atmosphérique. Jean m’a expliqué que le groupe faisait de la dream pop, un concept que j’ai du mal à maîtriser mais qui semble bien porter son nom à en juger par l’ambiance du concert. Dès les premiers accords, on était sur un nuage. Le son – merci les techniciens – était d’une qualité irréprochable, chose qui mérite d’être relevée car, dans notre ville, tous les repaires dédiés à la musique indé ne peuvent pas forcément s’en vanter, suivez mon regard… C’était comme si Myrys avait dégagé un large couloir aérien, un espace réservé dans lequel les compos du groupe se développaient en apesanteur, la voix et le chant de Laurence, mélodieux et assurés, planant au-dessus des accords légers et évanescents ventilés par son frère. Une sorte de dream pop, effectivement.

Le concert fut de courte durée mais enlevé et intense. En guest, Stéphane, chanteur /guitariste de Ohne Fett et Otto (1), était venu épauler le groupe. La combinaison fonctionnait à merveille. Le guitariste était venu avec son propre univers et donnait manifestement aux compositions une dimension autre, que l’on ne retrouve pas sur les albums d’IHR (2), à coups de riffs épileptiques et de décharges rock’n’roll fulgurantes hyper jouissives. Acmé du concert : la reprise noisy et stratosphérique de Cowboy, leur dernier single, qui n’avait rien à envier au meilleur de la Brit Pop contemporaine. Une envolée à la fois mélodique et supersonique durant laquelle Jean et Stéphane venaient se chauffer, en un face à face d’une complicité chargée en électricité. Et pour clore le set, une version de The Boat plutôt dans le style Hollandais Volant tant la montée, tout en roulements primitifs exercés par Claire, nous a obligés un peu à léviter sur place.

IHR, une compagnie aérienne. Décollage immédiat, vol nuptial, atterrissage en beauté. Merci pour la traversée.

 (1) Soit dit en passant, Otto et Ohne Fett sont deux projets très puissants. Les concerts de Ohne Fett, toujours accompagnés de films d’animation extrêmement ingénieux et poétiques, réalisés live, sont des événements à ne rater sous aucun prétexte. Quant à Otto, on a là un des meilleurs groupes de rock de la planète – et je pèse mes mots. Personne ne vous l’a dit ? Bordel mais que fout la presse ?

(2) International Hyper Rythmique a déjà sorti deux albums : Uncity Nation (2009) et Below Sea Level (2013), le second étant aussi un hommage au magnifique documentaire de Gianfranco Rosi sur les laissés pour compte de Californie – des gens partis se réfugier dans le désert, au large de Los Angeles.

Le site d’IHR : www.ihrmusic.com

Note: ★★★★☆