Clèves, de Marie Darrieussecq

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Clèves, de Marie Darrieussecq

Lorsque l’on est fan d’un auteur, c’est toujours avec un mélange d’anxiété et de pure joie que l’on attend son nouveau livre. Clèves de Marie Darrieussecq est paru le 25 Aout dernier. Voilà, la date arrive et on est un des premiers à acheter le livre… qui se retrouve sur une pile d’autres romans parce qu’on a forcement un autre bouquin à finir et, pourquoi pas, un weekend prolongé en Camargue.

Puis, tremblant, on s’y met enfin. Clèves raconte, en trois parties, l’enfance et l’adolescence de Solange dans sa bourgade un rien tristoune de Clèves.

Ce qui frappe d’abord, c’est le glissement du style de Marie Darrieussecq.  Exit le savoureux mélange des  mots simples, de tournures  universitaires et de phrases normées a minima et welcome aux tics et aux poses d’adolescents.

Après quelques pages d’adaptation – d’agacement -, ce glissement, tant stylistique que syntaxique, on doit admettre que rien n’aurait mieux convenu à ce livre, qui fouille et défriche le corps et les états d’âmes de Solange.

On est ensuite séduit par ce découpage en trois parties et ces drôles de titres : Les avoir, Le faire et enfin, Le refaire. Cette construction chronologique fait voler en éclats le temps adulte, pour coller parfaitement à celui de Solange (et probablement au temps des adolescents occidentaux).

Les avoirs : forcement les règles, mais aussi les mots qui ne nous appartiennent pas vraiment, qui ont différentes significations selon que l’on est à l’école, en famille ou entre amies. Les avoirs : Forcement les règles, mais aussi un père qui montre sa «bite» à la kermesse et une mère apparemment dépressive. Un divorce qui  ne s’avoue pas, mais programmé de longue date.

Le faire : mais c’est quoi au juste, le faire ? Est-ce que c’est le juste milieu entre «rêvant à lui, un trouble délicieux l’envahit» et «Elle mouillait comme un chienne» ?

Le refaire : car la première fois, ce n’est pas toujours bien.

Marie Darrieussecq a délaissé les fantômes et les doubles pour revenir à la métamorphose. Contrairement à Truisme il s’agit ici d’une adolescente, mais la transformation est aussi inévitable.

La princesse de Clèves de Madame De Lafayette, vous ne l’avez peut-être pas lu, mais vous avez sans doute entendu le Président de la République en parler. De ce livre, Marie Darrieussecq a gardé le huis-clos (la cour de France versus la ville de Clèves), mais aussi le triangle amoureux (il est cependant plus flou pour Solange, les figures du régulier et de l’amant glissant sans cesse…) et puis et surtout une certaine justesse dans la vivisection des relations.

Il y a aussi ce fameux Monsieur Bihotz… Celui avec qui Marie Darrieussecq aurait pu provoquer un scandale de rentrée littéraire de plus. Après les accusations de plagiat, la pédophilie ?

Non. C’est bien plus flou et bien mieux amené que ça.

Quelques longueurs et parfois de l’ennui, mais qui cèdent vite la place à beaucoup de drôleries (les conversations et les remarques d’adolescents sont souvent empruntées au propre journal intime de l’auteur).

Ce n’est certainement pas le meilleur roman de Marie Darrieussecq, mais si vous aussi avez été un adolescent des années 80, vous vous y retrouverez.

Marie Darrieussecq Clèves (P.O.L), 352 pages, 19 euros

Note: ★★★☆☆

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