Pour mémoire, de Mazarine Pingeot (Julliard)

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Pour mémoire, de Mazarine Pingeot (Julliard)

«C’est l’histoire d’un garçon hanté par la Shoah. Pourtant, ni lui ni sa famille n’ont été touchés par le génocide. Mais enfant, il a vu à la télévision des images qu’il n’aurait pas dû voir – le cauchemar trop réel de Nuit et Brouillard. Cela a suffi à faire écrouler le début de sa vie. C’est l’histoire de cet adolescent qui n’a plus trouvé le sommeil, et décidé de ne plus manger. Qui a construit son existence sur une obsession, celle de ces scènes d’extermination massive, et qui s’y est perdu, à force de s’interroger. Comment cela a-t-il été possible ? Comment vivre parmi les hommes après ça ? Comment être un homme ?”

Une fois qu’on a lu la quatrième de couv du nouveau roman de Mazarine Pingeot on a de quoi douter : tout ça en 85 pages ? Il faut un peu de temps pour rentrer dans ce monologue introspectif au « tu » aussi agaçant qu’emporté. L’enfant puis l’adolescent est devenu adulte alors il se souvient.

Mazarine Pingeot, dans Bouche cousue ou le Cimetière des poupées, nous avait habitués, malgré les sujets des bouquins, à une prose posée et ronde. Ce n’est pas le cas ici. Le style – tout comme le sujet – est violent.

On se perd un peu au début car l’auteure, Professeure agrégée de philosophie, a décidé de tout aborder : la mémoire (individuelle et collective), la quête du bonheur, la souffrance (physique et psychique), la culpabilité.

Mais tout prend forme. Le petit garçon grandit et ses réflexions s’aiguisent jusqu’à l’extrême. En endossant le martyre des victimes de la Shoa, il revêt aussi l’inhumanité et la distanciation des bourreaux. Entre les murs de l’hôpital, ou il est soigné pour anorexie, le narrateur livre un combat pour mater l’Histoire. Il restera bien seul avec ses paradoxes.

A noter aussi de très belles pages sur l’idée, comment elle se construit, si elle a besoin d’une colonne vertébrale ou si, au contraire elle peut être sans corps, simple abstraction. «Il ne te vient jamais à l’idée que ta propre vérité, si tu la devinais, pourrait te faire plus mal encore. Tu as tout fait pour l’étouffer, puisqu’en toi il n’y a plus que concepts. Concepts et corps. Entre les deux la vie s’est évanouie

Note: ★★★½☆

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