Sur la route de Banlung – Cambodge 1993, de Vink (Dargaud)

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Sur la route de Banlung – Cambodge 1993, de Vink (Dargaud)

Une dominante de tons ocres ancre on ne peut mieux la chaleur ambiante. Difficile par contre de restituer l’humidité qui caractérise cette province du Cambodge dans laquelle se déroule l’histoire.

Cette histoire, romancée, certes, c’est celle de l’auteur du scénario, du moins pour une période bien déterminée : l’année des premières élections démocratiques au Cambodge, sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Jacques Rochel, justement était ce fonctionnaire des Nations Unies, envoyé au Cambodge pour l’organisation de ces élections. Aujourd’hui retraité, il a réalisé, avec son pote de classe Vinh Khoa (Vink, le dessinateur), cette bande dessinée aux personnages que l’on se plaît à imaginer réels. Les méchants ont bien des tronches de salauds sournois. Ceux-là sortent de l’imaginaire du dessinateur alors que les protagonistes ressemblent aux vrais, ceux que l’on reconnait sur les photos qui émaillent le récit en images.

C’est bien fait, c’est propre. Bien ordonné. Une espèce de polar sentimental sur fond de beaux sentiments. La maison d’édition résume l’affaire, expliquant : «[…] un Français d’origine vietnamienne est envoyé par l’ONU pour veiller au bon déroulement des opérations électorales. Sa mission est délicate : chaque mois, il reçoit une valise contenant 200 000 dollars et doit assurer, sous haute protection militaire, la paie des employés de l’ONU. Mais une telle somme suscite bien des convoitises et un groupe criminel se réclamant des Khmers rouges cherche à mettre la main sur la précieuse valise…». Bref, un parfum d’aventure, le frisson du danger. On caresse la couverture rigide aux angles pointus pour entrer avec précautions sur ce territoire truffé de mines et de charniers, espérant en apprendre un peu plus sur cette contrée estampillée exotique dont la politique nous paraît tellement éloignée.

La lecture de la BD donne pourtant l’impression de vivre une toute autre histoire. On ne comprendra pas grand-chose de plus, ni sur les intrigues politiques, ni sur l’action effective des Nations Unies au Cambodge. Par contre, tel un exutoire, l’auteur nous livre une sorte de journal intime. Un Khmer rouge au regard oblique dénoncerait aussitôt la tromperie sur la marchandise avant de sauter bêtement, trébuchant sur la mine qu’il avait oubliée-là en tentant de fuir…

Alors, rétablissons la vérité : il s’agit de la retranscription imagée du journal intime de l’auteur, à un moment où il effectuait une mission, dans un contexte bien particulier. Il n’y a pas de honte à cela, mais il est vraiment excessif de présenter ce travail comme le récit d’une tentative d’œuvrer pour la paix !

Après… Après, il est difficile de rester insensible aux épreuves personnelles que subit Jacques Rochel, quelles que soient les façons de les raconter. La BD, pourquoi pas ?

Note: ★★★☆☆

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