Au commencement la nuit était musique, de Alissa Walser (Actes Sud)

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Au commencement la nuit était musique, de Alissa Walser (Actes Sud)

Ce qu’on aime dans ce roman c’est la modernité de l’écriture. La langue parlée et pensée par les personnages sonne juste. Dialogues, apartés et descriptions se fondent dans le texte qui devient saisissant. Roman bien écrit ? Roman bien traduit ?… Ou alors l’alchimie des deux ?

La fin du XVIIIIeme siècle est une période assez peu abordée par les auteurs contemporains. On ne peut pourtant pas dire qu’il ne s’y passe rien, tant au niveau politique que culturel et surtout scientifique.

Au commencement la nuit était musiquenous plonge dedans. Le médecin Mesmer, fondateur de la théorie du magnétisme animal, reçoit une surdouée du piano dans son établissement, Maria. Elle est aveugle, fille d’un haut fonctionnaire à la cour et dans les bonnes grâces de l’Impératrice. Souvent raillé par ses confrères, le docteur voit en la demoiselle une façon de convaincre le monde du bien fondé de ses recherches…

La maladie, la honte, le corps exhibé et surtout la musique qui magnifie la liberté nous portent à travers l’histoire.

On aime les descriptions minutieuses de cette époque lointaine. Les séances de magnétisme autour d’un baquet sont un régal à imaginer. L’auteure nous bluffe aussi dans la dernière partie du livre ou de manière pudique, mais poétique elle nous raconte la souffrance de Maria devenue une sorte de bête de foire préfigurant ainsi un thème qui sera à la mode, au siècle suivant.

Les théories de Mesmer n’ont jamais été prouvées scientifiquement. Le lecteur peut se surprendre à rêver de leurs efficacités. Et c’est bien ici ce que l’on aime le moins dans le livre… Le docteur apparait trop comme un génie incompris de son temps.

Cette absence de critique ne nous permet pas d’apprécier totalement ces personnages et surtout de rendre touchant ce Docteur Mesmer. Il manque les failles, l’humanité et les doute de cet homme qui fut, sans doute sans le savoir, le père occidental des médecines du toucher… Un livre à la mode donc ?

Surement.

Mais aussi une bonne intrigue à lire cet hiver, avec un chocolat viennois a portée de main.

Note: ★★★☆☆

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