Octobre Noir, de Daeninckx & Mako (Ad Libris)

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Octobre Noir, de Daeninckx & Mako (Ad Libris)

En Octobre 1961, Charles de Gaulle est au pouvoir et Maurice Papon, Préfet de police. L’Algérie représente pour encore quelques mois trois départements français. Ce qui se passe de l’autre côté de la Méditerranée se nomme «les événements», surtout pas guerre et encore moins «lutte pour l’indépendance».

Le FLN (Front de libération national) lance un appel à la manifestation, le 17 octobre 1961 à Paris, pour protester contre le couvre feu auquel doivent se plier les «Français Musulmans». Ce cortège sera dispersé dans le sang, dans le quartier du Grand Rex. Selon les historiens, on compte entre 100 et 200 morts ou disparus et plus de 2 300 blessés.

En 1984, Didier Daeninckx publiait Meurtres pour mémoire. Avec Mako, son complice graphique, il co signe vingt sept ans plus tard, Octobre Noir.

Cette bande dessinée sort pour les 50 ans de cette nuit tragique. Nuit qui suivie par une semaine de «parquage» au Stade Pierre de Coubertin et quelques décennies de silence et de tentative d’amnésie collective…. Dans les années 90, Jean Tibéri décida de changer le nom de la station Rue Montmartre en Grands Boulevards. Personne n’osa cependant changer le nom de la station ou se déroula d’autres faits sanglants, quelques mois plus tard, dans le vingtième arrondissement.

On ne peut que se féliciter de la sortie d’Octobre Noir, comme on a pu se réjouir des films Vivre au Paradis ou Nuit Noire et enfin Hors-la-loi, dont les sujets – ou seulement certaines scènes – reprennent les faits de cette nuit d’assassinats.

On a connu Didier Daeninckx dont les intrigues des livres sont toujours plantées dans un terreau socio-politique un peu plus inspiré. Ce qu’on aime chez ce grand secoueur de mémoire, c’est sa manière de nous raconter la grande histoire avec les intrigues de la petite. Dans Octobre Noir, il y réussit un peu moins. Sans doute trop à l’étroit dans ce mince album.

Mohand, qui se fait appeler Vincent, la vie dans les bidons villes de Saint Denis, la petite sœur Khelloudja, double de cette véritable jeune fille appelée Fatima Bédar… On aurait aimé vous connaitre davantage. Daeninckx et Mako, vous auriez pu nous captiver sur 200 ou 300 planches !

Notons la très efficace préface de Benjamin Stora qui éclaircit l’époque et la fin de l’album où « pour mémoire» sont listés les morts et disparus à Paris et dans la région parisienne de cette époque trouble, ainsi qu’un court article de Daeninckx publié en 1986 dans la presse algérienne sur la jeune Fatima qui a inspiré une partie de l’intrigue d’Octobre Noir.

Pour ceux qui habitent Paris ou qui s’y rendent souvent il y aura, dans le cadre de la commémoration de la manifestation du 17 octobre 1961, une projection débat à l’Institut du Monde Arabe le 27 de ce fameux mois.

Pierre Joxe, Benjamin Stora, Didier Daeninckx, Jean Daniel, Abderrrahim Hafidi, Samia Messaoudi, Medhdi Lallaoui, Aissa Derrouaz, M’hamed Kaki seront présents pour débattre, sur la question de la mémoire et du déni.

Note: ★★★☆☆

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