Sunset Park, de Paul Auster (Actes Sud)

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur google
Sunset Park, de Paul Auster (Actes Sud)

Reconsidérer son histoire et trouver une nouvelle manière de vivre sa vie, voilà à quoi pourrait se résumer Sunset Park de Paul Auster… si c’était un bon livre.

Miles n’a pas encore trente ans. Il a fui New York pour la Floride où il travaille comme photographe-inventoriste : la crise de 2008 a poussé des milliers de familles à abandonner des maisons dont elles ne pouvaient plus payer le crédit. C’est à Miami, dans le sunshine state, qu’il rencontre Pilar, étudiante aussi sérieuse que sensuelle et aussi sensuelle que mineure. Pour éviter les problèmes, Miles s’en retourne à New York pour attendre les quelques mois qui séparent sa belle de la majorité. Dans sa ville natale, il s’installe dans un squat de Sunset Park tenu par un ami d’enfance. La maison abandonnée abrite d’autres personnages qui, il y a quelques années encore auraient pu trouver leur place dans la société américaine, mais qui sont désormais à la marge. Ce retour aux sources permettra à Miles de régler quelques affaires du passé.

A la fin des années 80 et au tout début de la décennie suivante, Paul Auster avait connu un énorme succès grâce à des livres poétiques, mais accessibles malgré une construction narrative extrêmement complexe. Les thème de l’identité (construction et dépossession), de l’illusion et de l’errance sont déclinés dans une poignée de livres, jusqu’ a Léviathan qui, en 1993, constitue une sorte de sommet dans l’art de l’écrivain New Yorkais. Ensuite Paul Auster prit ses livres pour des laboratoires de prose, en délaissant quelque peu la matière romanesque. Le public suivit beaucoup moins.

Essayez d’imaginer Amélie Nothomb tentée par le Nouveau Roman… Au fil des pages, on comprend qu’Auster essaie de redevenir le conteur simple (presque magique) que l’on aimait, tout en poursuivant ses expériences littéraires. Entre roman familial et chronique sociale d’une Amérique à bout de souffle, l’auteur a du mal à convaincre. Le lecteur n’est pas happé par l’histoire somme-toute confuse et surtout non aboutie.

Dommage, car la galerie de personnages de Sunset Park a de quoi mettre l’eau à la bouche.

Ps : Pour ceux qui seraient passé à coté, je conseille vivement Seul dans le noir du même Paul Auster, sorti en juin chez Babel. L’architecture du livre est brillante tandis que l’inventivité et l’humanité qui se dégagent de ce roman publié en 2009 vous guérira de l’indigestion de Sunset Park.

Note: ★★☆☆☆

Articles récents

Entretien avec Sébastien Marnier

Entretien avec Sébastien Marnier

Avec seulement deux long-métrages à son actif – Irréprochable et L’heure de la sortie  -, Sébastien Marnier s’est déjà forgé une place à part dans

isaac delusion chronique de l'album uplifters

Isaac Delusion – Uplifters

Back II the future Il faut vraiment avoir le nez creux ou tout simplement du talent pour avoir au sein de son catalogue tant d’artistes

Partager sur facebook
Partager sur google
Partager sur twitter
Partager sur linkedin