Jean-Louis Murat à Toulouse – La Dynamo

Jean-Louis Murat à Toulouse, il ne fallait pas manquer ça. Surtout qu’il pose sa guitare à la Dynamo, un concert intime donc…

Aller voir Murat en concert c’est toujours une surprise. Cela fait bien longtemps qu’il ne peut pas offrir au public une chanson de chaque album. Sûrement d’ailleurs qu’il ne l’a jamais fait. Une vingtaine de disques ça fait beaucoup et Murat, contrairement aux apparences, n’est pas un nostalgique. Chanteur prolifique, il aime surprendre et c’est ça qu’attend la salle.

La tournée Grand lièvre est définitivement rock.

Exit les chansonnettes telles Rouge, le Col de la croix Morand, ou la pop de Le temps qu’il ferait et le classicisme de Madame Deshoulières… Entouré de Stéphane Reynaud (batterie), Slim Batteux (orgue) et de son compagnon de A Bird On a Poire Fred Jimenez (basse) Murat secoue littéralement son dernier album pratiquement en intégralité. Le résultat est aussi entraînant que l’écoute de Lilith. De ce double opus de 2003, il retrouve l’énergie brute, la maîtrise de la guitare et surtout l’unité. Il finira d’ailleurs le concert par un très électrique Les jours du jaguar tiré de ce même album.

L’heure et demie de concert permettra à Murat de défendre Grand lièvre, album brut et classieux dont le passage à la scène est réussie. Nous apprécieront notamment Alexandrie, les Rouges souliers, le très cabotin Qu’est-ce que ça veut dire ? sans oublier le sublime Haut Arverne.

En public, plus que dans les disques on est frappé par la voix de Murat. La même depuis le Suicidez vous, le peuple est mort sortie l’année même ou Mitterrand est arrivé au pouvoir pour la première fois. Eternellement jeune, éternellement sensible, le chanteur « en joue » parfaitement. Elle se révèle crue plutôt que nue et disparaît parfois noyée par la musique. Cet aller-retour donne d’ailleurs le rythme du concert. Depuis des années cette voix chante le sentiment amoureux, thème abandonné depuis bien longtemps par ses collègues artistes. Les textes parfois obscures, souvent exigeants font de Murat (avec peut-être Manset) le dernier poète hexagonale. Etrangement construites ses chansons restent blotties dans l’oreille car légères et fines de primes a bord elles se révèlent puissantes et profondes…Un peu comme en amour ? Un peu comme un amour aussi ces textes susurés qui meurent en cris quasi chamaniques.

Dans la salle le public en demandent toujours et encore. Ce public, on ne peut pas dire qu’il soit constitué de petits jeunes. A nous voir tous massés à la Dynamo on l’impression, et c’est fort sympathique, d’être a une réunion de vieux routiers.

Ce n’est pas faux, on en a fait de la route avec Murat d’ailleurs ne nous rend-il pas hommage en chantant Les voyageurs perdus extrait de Tristan (2008) ? De cet album il nous offrira aussi un superbe Mousse noire qui fera planer plus d’un spectateur.

Voir Jean-Louis Murat sur scène fait un bien fou. La première partie de la tournée s’achève. Ne vous inquiétez pas, elle reprendra au printemps 2012.

Crédit photo : Olivier Coufourier (tous droits réservés)

Note: ★★★★☆