Rien dans les poches, de Dan Fante (13e Note Editions)

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur google
Rien dans les poches, de Dan Fante (13e Note Editions)

Une chouette maison d’édition que 13e Note. Petit à petit, elle arrive à faire sa place chez les libraires, entre les volumes de ses grandes sœurs un peu tristounes. 13ème Note : «auteurs extrêmes sous haute tension»… Et voilà traduits des auteurs – américains pour la plupart -, comme Barry Gifford, Mark Oliver Everett, Tom Grimes ou encore William Burroughs Jr, dans un format fort sympathique, qui plus est.

Les anges n’ont rien dans les poches était paru chez 10/18. 13ème Note s’est ensuite chargée de faire connaître l’œuvre de Dan Fante en France et vient (re)publier ce premier livre en changeant le titre : Rien dans les poches.

Dan Fante est le fils de John Fante qui, avec des romans percutants a ouvert la voie à la Beat Generation avant d’entamer une carrière alimentaire de scénariste à Hollywood.

Rien dans les poches (premier roman de Dante fils) s’ouvre par la mort de ce père autant aimé que détesté et se termine par la nécessité d’écrire.

Tout de suite, on est happé par le style faussement bancal. On plonge avec le narrateur dans un Los Angeles bien tentaculaire et éthylique où l’on ne se déplace qu’en voiture pour aller d’une épicerie de nuit à l’autre acheter du Mad Dog 20 20 (bizarrerie ricaine composée de vin rouge et de sucre).

Chez Dan Fante le mot est plus que nu lorsqu’il parle d’autodestruction. Tendresse et cynisme se font la guerre avant de se faire désarmer par la lucidité. Les personnages sont rapidement campés par cet auteur qui réussit en quelques phrases à faire aimer au lecteur les personnages les plus dérangeants.

Agnès, femme du narrateur n’est rapidement plus qu’une carte bancaire avant de disparaître totalement, tout comme Fabrizio, le frère, qui au bout d’un moment se mue en chronomètre puis en une voiture avant de disparaître à son tour.

Restent alors les personnages de chair esquintés… Le narrateur surtout, mais aussi Amy, la prostituée bien trop jeune, bien trop moche, qui boit pour ne pas bégayer. Au fond de la voiture ou des motels, se traîne Rocco, vieux chien mourant qui relie et révèle le père défunt au fils alcoolisé.

A noter aussi, de très belles pages sur le monde et les mœurs étranges des commerciaux.

Rien dans les poches… belle expression de prestidigitation. La magie opère bel et bien dans ce roman. Après sa lecture, on a envie de découvrir le reste de l’œuvre de Dan Fante et de se plonger à nouveau dans les mots des Anciens, comme Hubert Selby Jr., Charles Bukowski ou… John Fante.

Note: ★★★½☆

Articles récents

Entretien avec Sébastien Marnier

Entretien avec Sébastien Marnier

Avec seulement deux long-métrages à son actif – Irréprochable et L’heure de la sortie  -, Sébastien Marnier s’est déjà forgé une place à part dans

isaac delusion chronique de l'album uplifters

Isaac Delusion – Uplifters

Back II the future Il faut vraiment avoir le nez creux ou tout simplement du talent pour avoir au sein de son catalogue tant d’artistes

Partager sur facebook
Partager sur google
Partager sur twitter
Partager sur linkedin