Mathieu Boogaerts à la Dynamo – Toulouse, le 19 juin 2012

S’il voulait de l’intimiste, il a eu de l’intimiste ! Pari gagné de ce côté-là, contrairement à son précédent passage dans la Ville rose : «La dernière fois que je suis venu à Toulouse, c’était, euh… La loose». Mathieu Boogaerts, lors de son concert au Bikini il y a quatre ans, avait mis les petits plats dans les grands, avec une scénographie grandiose, pour une petite poignée de spectateurs perdus dans l’espace.

Ce 19 juin au soir, la Dynamo était convenablement remplie d’un public chaleureux et fin connaisseur des titres de l’auteur-compositeur-interprète. En toute simplicité et «dans le plus simple appareil», comme il le dit lui-même, Mathieu Boogaerts arrive seul sur scène, avec sa guitare, deux-trois accessoires, quelques lumières et c’est tout.

Et ça fait du bien ! Cela donne l’impression d’être «entre nous».

Ce type de configuration, il l’affectionne et l’a longuement expérimentée avec succès, depuis 2010, année durant laquelle, il donnait rendez-vous tous les mercredis soirs pour des concerts dans une petite salle parisienne : la Java. Soirées concerts ou concerts laboratoire ? Les deux, parce que durant tout ce temps, les nouvelles créations s’offraient au public. Et puis les tournés de ce style, en Allemagne, en Suisse ont suivi. Mathieu Boogaerts y a pris goût. Cela se sent, cela se voit.

On est sorti du cadre de l’expérimentation, car l’artiste maîtrise avec brio les ressorts d’une parfaite interaction entre lui et son public. La figure imposée d’un vrai solo, quand on ne peut pas compter sur un chœur, encore moins sur des musiciens. Avec le savoir faire d’un grand pédagogue, il guide l’assistance dans son rôle, comptant sur ceux qui savent et qui transmettent à leur tour. Cette implication du public, on la retrouve avec l’autre Mathieu, Chédid. D’ailleurs, ils ont démarré ensemble. Leurs trajectoires se sont bien vite distinguées pour se croiser ensuite, de temps à autre.

Celle de Boogaerts, en l’occurrence, a connu un essor particulier il y a maintenant 20 ans, avec l’écriture de Ondulé qui fut ce qu’il est convenu d’appeler un tube. Vingt ans pour une création fièrement assumée : «J’aurais pu l’écrire ce matin». Tout ce temps ressemble à une carrière sans compromission, peut-être avec quelques compromis, mais intransigeante quant à la précision des textes. Chaque mot bien pesé se pose en bonne place dans des mélodies aux arrangements audacieux. Pour autant, au travers des cinq albums studio, ce sont bel et bien des couleurs différentes qui caractérisent le style et l’ambiance. Mais il semble que les amateurs n’affichent pas de rejet et qu’au contraire, ils y trouvent leur compte de poésie, de sensibilité et d’audace.

Le concert de la Dynamo offrait un éventail très large. Une set list alternant anciennes et nouvelles compositions qui trouveront leurs places sur le prochain album prévu le 1er octobre 2012. Boogaerts ne nous a pas révélé le nom du nouvel opus, pas plus que les titres des morceaux. On cherchera à les reconnaître une fois le disque dans l’appareil.

Si l’on tient compte des rappels, 21 «morceaux de choix» auront été chantés ce soir. C’était généreux. N’empêche qu’on en aurait bien repris une part !

Crédit photos : Olivier Coufourier (tous droits réservés)

Note: ★★★★★