Pauline Croze – Toulouse, La Dynamo – 2 décembre 2012

L’heure, c’est l’heure ! Il est 20h15 précises quand Pauline Croze entre sur scène, pour un concert annoncé à cette heure-là…

Neuf chansons plus loin, elle entonnera Quelle heure est-il. Une véritable fixette !

Elle est polie, prévenante, délicatement maquillée, le carré de cheveux impeccable. Mais sensible, surtout. L’avantage de la salle du Dynamo, c’est de permettre la proximité immédiate des artistes avec son public. A Toulouse, c’est vraiment la petite salle des grands concerts. Mais comment fait-on loger un guitariste, un bassiste, un batteur, un(e) clavier(e) et une chanteuse toute en jambes sur cette scène ? En tout cas, c’est juste, mais ça passe.

Cette sensibilité affichée et affirmée n’empêche pas la batterie de cogner, le rock de pulser, la guitare de grincer, quand il le faut, juste comme il faut. Et puis, si entre deux titres on peut papoter, et bien on papote avec la Dame. Pas de problème. Ce sera l’occasion de se laisser charmer par ce cheveu sur la langue qui semble s’évaporer lorsqu’il s’agit de chanter.

Voilà cinq ans que Pauline Croze n’était pas venue à Toulouse. C’était à l’occasion de la sortie de son deuxième album, Un bruit qui court, celui pudiquement jugé « expérimental ». Le troisième qui nous vaut sa visite – Le prix de l’Eden – renoue avec l’esprit du premier, tout en reprenant certains aspects du deuxième. En bref, c’est du Pauline Croze tout craché et on ne l’en blâmera pas. Petite bizzarerie du soir, la reprise de Come as you are de Nirvana. Elle avait déjà commis cette incongruité sur le plateau de Taratata en 2011. Il semblerait même qu’elle ait pris un malin plaisir à ne pas jouer le titre qui l’aura rendue très populaire en 2005 : M’en voulez-vous ? Mais c’est tant mieux ! On en sera que plus attentif à la version scénique de ses derniers titres, peut-être un peu moins « tristounes » que les tout premiers, de l’album Pauline Croze. Pourtant, qui n’aurait pas secrètement espéré pouvoir utiliser ses mots pour exprimer à ce point les états intérieurs à l’occasion d’une rupture, par exemple…

Puisqu’on parle de secret, quel est celui de Pauline Croze ? Sa voix au timbre si particulier ? Ses textes aux mots si précis et percutants ? Ses mélodies qui entrent dans la tête aussi facilement ? Qu’on ne s’y trompe pas, c’est plus facile à écouter qu’à chanter. Le public invité à s’exprimer vocalement sur le refrain de Légère s’est trouvé confronté à l’impossibilité de partir dans les aigus graduels des mots suivants. Ça, c’est une mise à l’épreuve amusante de son public, une preuve aussi que ne s’improvise pas chanteur qui veut !

Note: ★★★★★