Rétro 2013 | Dexter & Breaking Bad en finale7 minutes de lecture

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Depuis quelques années, les séries TV connaissent un véritable succès. Elles ont suscité un tel engouement qu’elles en arrivent, par moments, à faire de la concurrence au 7ème art : chaque année voit naître une nouvelle série « événement ». La dernière série en date est sans doute Games Of Thrones, qui recueille saison après saison toujours plus de louanges et toujours plus d’audience.

Même si chaque chose a une fin, le phénomène n’est pas prêt de s’éteindre.

D’ailleurs, dans la catégorie « Ça s’est passé en 2013 », on a vu se terminer deux des séries les plus influentes de ces dernières années : Dexter et Breaking Bad. Alors finies, les semaines à attendre impatiemment la suite, finies les soirées « série », finies les discussions sur le dernier acte avec les collègues devant la machine à café… Enfin bientôt, car les deux sont encore diffusées actuellement en France.

Deux séries très suivies et aussi assez proches l’une de l’autre, même si elles ne traitent absolument pas des mêmes choses. En tout cas, le taux de décès est assez conséquent sur l’une comme sur l’autre !

Dexter s’est achevée aux Etats-Unis, sur une huitième saison qui a vu son audience augmenter par rapport aux trois dernières années, atteignant en moyenne 2,4 millions de téléspectateurs. Un très bon score.

Si à l’origine Dexter devait tenir sur 5 saisons, le succès mérité qu’a rencontré la série a poussé Showtime à commander 3 saisons de plus. La chaine payante rencontrait des records d’audience grâce au personnage controversé interprété avec talent par Micheal C. Hall, que l’on avait pu découvrir auparavant dans une autre série événement et dans un tout autre registre, à savoir Six Feet Under.

En guise de synopsis, Dexter évoque la vie d’un jeune homme travaillant à la police de Miami en qualité d’expert en projection de sang. Et oui, ça existe. A ses heures perdues, il se fait aussi serial killer, suivant un code appris par son père, un ancien flic, afin qu’il ne soit pas arrêté et qui limite ses victimes à des personnes étant passées entre les mailles du filet de la justice.

Confronté lui-même à des serials killers de part son métier, Dexter rencontre ainsi des adversaires qu’il s’ingénie à attraper avant les forces de police sur lesquelles il a toujours un temps d’avance. Ces rivalités qui s’installent à chaque saison constituent l’un des principaux attraits de la série, tout comme l’importance qu’accorde Dexter à faire en sorte que sa vie soit vue comme la plus normale possible : ne pas attirer l’intention, avoir une femme et des enfants et être un sympathique collègue sur son lieu de travail.

La série avait donc fait grand bruit, puisque tout était conçu pour que le spectateur prenne le parti de ce personnage pour le moins dérangeant puisqu’il tue volontairement des gens. La qualité scénaristique, les jeux d’acteurs, mais aussi ce mélange entre le soleil hispanisant de Miami et l’obscurité angoissante des nuits de « chasse », avaient donné à cette série une place de premier choix du paysage audiovisuel.

Si la série a véritablement atteint des sommets, notamment lors de la première saison, mais aussi lors de la confrontation avec le terrifiant Trinity, dans la saison 4, rôle impeccablement tenu par John Lithgow, elle finit par s’essouffler petit à petit. A force d’étirer les ressorts ils finissent forcément par casser. On se souvient qu’il y a peu, on apprenait avec plaisir la prolongation de la série, mais au bout de la saison 8, indubitablement, on se dit qu’il s’agissait en fait d’une terrible erreur. Certes, on la suit toujours avec intérêt, mais on a de plus en plus de mal à croire aux rebondissements. Et l’épilogue laisse finalement un goût d’inachevé, un peu comme si les scénaristes s’étaient fait prendre à leur propre jeu en ne trouvant pas une fin crédible et suffisamment forte à la vie tourmentée de Dexter… Dommage, car le show méritait bien mieux.

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Une situation que n’aura pas connue la deuxième série en question, à savoir Breaking Bad, littéralement entrée au panthéon des séries. Prévue pour 5 saisons, AMC ne fera pas la même erreur que Showtime avec Dexter, et a bel et bien mis fin au show, en septembre 2013, malgré une cinquième saison qui a explosé tous les records de la série, notamment avec un épisode final rassemblant plus de 10 millions de téléspectateurs contre une moyenne de 2 millions.

Breaking Bad plonge dans l’univers d’un père de famille plutôt tranquille nommé Walter White, incarné par l’excellent Bryan Cranston qu’on avait découvert déjà en père de famille chez Malcolm, mais dans un tout autre genre pour le coup. Il apprend qu’il est atteint d’un cancer qui ne lui laissera que peu de temps devant lui. Bouleversé par une telle nouvelle, ce simple professeur de chimie à la fac du coin, s’inquiète du devenir de sa famille à la suite de sa mort. Pour les mettre à l’abri du besoin, il décide alors de se lancer dans la fabrication et la vente de drogue, seul moyen rapide et efficace d’accumuler une masse d’argent suffisamment conséquente, en peu de temps. Cet homme simple est en réalité un vrai prodige de la chimie, dont on apprendra par la suite les rancœurs conservées depuis longtemps et qui vont finir par le transformer de façon irréversible.

La série nous présente là aussi un personnage de tous les jours dont les choix et les actes – aussi argumentés soient-ils – sont profondément dérangeants. Mais loin de se reposer sur ce seul état de fait, elle va se développer au fil des saisons autour d’un personnage central qui va véritablement se transformer en une personne assez souvent détestable. Suite à un apprentissage difficile du milieu de la drogue auquel il va se confronter avec son associé Jesse Pinkman, un ancien élève assez décevant à l’époque, mais finalement plein de ressources, (Aaron Paul), Walter White va petit à-petit s’intégrer dans le milieu et se frotter aux forces de l’ordre dont fait partie son beau frère, l’un de ses plus proche amis.

Tout comme dans Dexter, le personnage se voit donc régulièrement pris en étau entre sa vie de criminel et sa vie de famille bien rangée.

La série connaît ainsi une progression des plus intéressantes puisqu’à aucun moment elle ne stagne. Le scénario, les personnages – dont les réflexions et les interactions les uns avec les autres sont des plus fouillées – font de cette série quelque chose de grand et d’incontournable pour tout passionné de séries télé. Jusqu’au dernier moment, le suspense perdure, et le finish laissera sans doute certains dans l’expectative, mais il aura le mérite de laisser libre cours à l’interprétation. Il conclut de façon plutôt convaincante cette série.

Mais nous n’en dirons pas plus : la saison 5 est actuellement diffusée en France sur Arte, mais aussi sur OCS Novo pour les équipés… Un finish qui aura donc lieu en janvier 2014 et à ne pas manquer !

S’il est vrai qu’on est un peu déçu par l’issue finale de Dexter, on ne peut que la conseiller malgré tout, au même titre que Breaking Bad. Il s’agit bien-là de deux monuments. On aura grand plaisir à les réviser dans quelques années, tout comme Six Feet Under, The Wire (Sur écoute en français), ou encore Les Sopranos.