« Deux jours, une nuit » en dvd et blu-ray (Diaphana)

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« Deux jours, une nuit » en dvd et blu-ray (Diaphana)

LE FILM

Après avoir fait rentrer un peu plus de lumière en 2011 avec Le Gamin au Vélo, les frères Dardenne continuent de suivre cette pente moins nihiliste que leur début de carrière, et signent un film en forme de quête, sélectionné en compétition du festival de Cannes 2014.

Marion Cotillard est Sandra, qui sort tout juste d’une dépression, et qui apprend qu’un vote entre une prime et son licenciement a été effectué avant son retour, et que ses collègues choisissent la prime, quitte à ce qu’elle se retrouve au chômage, avec les conséquences que cela entrainera pour sa vie de famille. Elle va alors aller les voir un par un, le temps d’un week-end, dans l’espoir qu’ils changent d’avis et qu’elle garde ainsi son travail.

Ce qui frappe, avant tout autre chose, c’est le dispositif, cette quête de « l’un après l’autre », nous donnant à chaque fois un regard sur des morceaux de vies, ouvrant des portes sur des enfants, des familles, et dont les préoccupations viennent en quelques phrases prononcées en réponse à Sandra, se surajouter au principal enjeu du film, et épaississent petit à petit l’impossible résolution du problème. Les Dardenne font parti des plus grand directeurs d’acteurs contemporains. Il faut voir comme chaque geste, chaque réponse menace de tout faire basculer, à mesure que le nombre de votants s’amenuisent et que Sandra perd espoir. Quand la porte s’ouvre, elle répète ces mots qui l’usent au fur et à mesure que le film avance, « Vous pouvez m’aider à pas perdre mon travail, si vous acceptez de perdre votre prime… ». Chaque rencontre est un basculement possible, un événement en soi, et le film se situe constamment sur cette tension, sur ces portes qui font face à l’héroïne, et qui réservent une bonne ou mauvaise nouvelle, une surprise, pour le spectateur comme pour le personnage.

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LE DVD

Les suppléments contenus dans le dvd consistent en trois interviews : celle de Jean-Pierre et Luc Dardenne, de Marion Cotillard et de Fabrizio Rongione, qui éclairent les méthodes de travail de chacun avec beaucoup de justesse et d’humanité.

Les frères Dardenne reviennent pour l’essentiel sur les origines du projet – qui remonte à une dizaine d’années et qui s’inspire de La misère du monde de Pierre Bourdieu – et sur leur méthode de mise en scène basée sur la répétition et le plan séquence. Les acteurs évoquent aussi cette étape du film où ils jouent leur rôle ensemble, en costume et dans les décors, pendant un mois complet. C’est un jeu sur le corps, la recherche d’une rencontre entre la dynamique des réalisateurs et l’énergie des acteurs qui permet ensuite, lors du tournage, de trouver la liberté nécessaire aux comédiens.

Marion Cotillard et Fabrizio Rongione parlent de leur rapport aux deux frères réalisateurs et leurs propos sont unanimes : les Dardenne sont de merveilleux conteurs qui partagent avec Perraud ou Grimm une même obsession de la quête, le mode de la fable permettant de déplacer son point de vue pour comprendre le monde dans lequel on vit. Les deux analysent leur travail d’acteur pour s’approprier le rôle. Marion Cotillard a ainsi imaginé une biographie de Sandra pour comprendre « l’avant », pourquoi elle en est là au moment où le spectateur fait connaissance avec elle. Elle a écrit des scènes pour donner de l’émotion au personnage. Quant à Fabrizio Rongione, il revient sur sa première rencontre avec les frères Dardenne pour Rosetta. Il avait beaucoup de questions et de doutes sur son personnage de Riquet, et comme un moyen de ne pas y répondre et de résumer son rôle, ils lui ont répondu « Ecoute Fabio, tu es un ange ». Il définit Riquet comme un être sacrificiel, qui révèle l’humanité de Rosetta tandis que Manu est plutôt un coach, qui ne met jamais en avant ses propres sentiments pour que l’autre aille bien.

Note: ★★★★★

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