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Danny Brown au YOYO, la foire n’a pas eu lieu

En appelant son quatrième album Atrocity Exhibition, soit la foire aux atrocités, Danny Brown rendait forcément fébrile d’impatience les quelques chanceux détenteurs d’un billet pour sa venue à Paris au YOYO. On était en effet en droit de s’attendre à une vraie mise en scène de la folie du MC de Détroit, un show fiévreux et schizophrénique. En lieu et place du « freak show », on se sera contenté d’un honnête set parcourant chronologiquement la carrière du rappeur, de XXX à son dernier bijou, en accordant évidemment une grande place à Old, opus fait pour être incarné sur scène.

Peu de surprises donc, tant Danny Brown s’évertua à recycler tous ses meilleurs tubes, l’un après l’autre, sans réelles transitions ni rappels. Une heure quinze de concert rendue toute de même assez folle par l’énergie d’un public en délire, récitant mot par mot les paroles de chaque chanson, n’hésitant pas à se bousculer lorsque le rythme s’accélérait. Die Like A Rockstar, Monopoly, Bruiser Brigade, 25 Bucks, Dope Song, Dip, Smokin & Drinkin, le MC offrit de vrais moments de bravoure intenses issus de ses chefs d’œuvres passés. Les fans en ont donc eu pour leur argent, mais quelle déception de voir qu’Atrocity Exhibition, censé être le clou du spectacle du show, ne fut réduit qu’à quatre titres : When It Rain, Pneumonia, une version tronquée de Really Doe et Dance In The Water en clôture, qui justifiait néanmoins son statut de véritable hit de l’album. De ce fait, peu de chances de réellement adhérer à la folie du personnage qui étonnait néanmoins par sa faculté à enchaîner morceau sur morceau sans pause. Un live en demi-teinte donc, accentué par l’étrange atmosphère de la salle, entre passion des spectateurs et sécurité à cran.

Note: ★★★☆☆

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