Top Albums 201611 minutes de lecture

MORGAN BIZET

Le meilleur de la musique en 2016

Quelle belle année musicale ! Si bien que jusqu’aux derniers instants, il était difficile de ressortir un top 10 des meilleures sorties de l’année. Il est donc pour cela nécessaire d’accorder des honneurs aux autres albums qui ont fait 2016, les absents du cercle privilégié, et il y en a de très beaux, qui viennent de tout horizon. Voici les 20 mentions honorables.

Dans l’ordre alphabétique :

Anderson .Paak – Malibu
Beyoncé – Lemonade
Blood Orange – Freetown Sound
Car Seat Headrest – Teens Of Denial
Chance The Rapper – Coloring Book
Cobalt – Slow Forever
Death Grips – Bottomless Pitt
G.L.O.S.S. – Trans Day Of Revenge
Huerco S. – For Those Of You Who Have Never (And Also Those Who Have)
Isaiah Rashad – The Sun’s Tirade
Jenny Hval – Bloody Bitch
Kendrick Lamar – untitled unmastered
Leonard Cohen – You Want It Darker
Neurosis – Fires Within Fires
Parquet Courts – Human Performance
Preoccupations – Preoccupations
Radiohead – A Moon Shaped Pool
White Lung – Paradise
YG – Still Brazy
Young Thug – JEFFERY

Les 10 meilleurs albums de 2016 sont globalement tous differents et représentent chacun à leur manière une façon moderne de réinventer la musique ou de se réinventer. On retient cependant une forte coloration Hip Hop/Soul, dans le sillage du grand Kendrick Lamar et son toujours aussi beau To Pimp A Butterfly qui avait illuminé 2015. Pas véritablement de claque au-dessus des autres cette année mais une oeuvre qui ressence toutes les qualités de celles qui la précédent : une aventure à la fois personnelle et politique, une envie de mixer les genres dans un elan de modernité absolu, et surtout un travail de poète qui excelle partout (paroles, composition, production, etc.). C’est bien Blonde de Frank Ocean qui depasse d’une courte tête le peloton d’autres bijoux qui ont marqué 2016.

1 – Frank Ocean – Blonde
2 – David Bowie – Blackstar
3 – A Tribe Called Quest – We Got It From Here… Thank You 4 Your Service
4 – Danny Brown – Atrocity Exhibition
5 – ANOHNI – HOPELESSNESS
6 – Solange – A Seat At The Table
7 – Nick Cave And The Bad Seeds – Skeleton Tree
8 – Swans – The Glowing Man
9 – Angel Olsen – My Woman
10 – Kanye West – The Life Of Pablo

TONY COELHO

Beaucoup s’en sont allés cette année dont notamment des grands noms de la musique, comme Leonard Cohen ou Prince. Mais celui qui a le plus marqué restera David Bowie, icône intemporelle, qui nous a quittés au moment-même où son dernier album Black Star sortait dans les bacs.

Aucun de ceux-là ne figure dans ce classement, comme d’autres pointures qui sont restés au pied du podium. C’est le cas notamment de Radiohead dont A moon shaped pool a reçu beaucoup de critiques positives, mais qui manque tout de même d’énergie.

Idem concernant PJ Harvey dont la prestation scénique, malgré son parti pris, nous a quelque peu détournés de son dernier opus. Tout le contraire de Pixies. Le groupe n’a pas confirmé sa bonne forme en concert sur son album, qui contient au demeurant de bonnes chansons.

Parmi les attentes, Tortoise, qui n’aura pas tenu la distance face à d’autres pépites, tout comme Savages, qui ne sera jamais aussi flamboyant que sur scène. The Kills n’a pas rallumé la flamme, comme souvent. Frappés de fulgurances, leurs albums sont souvent très inégaux et Ash & Ice est une livraison plutôt moyenne.

Parlons des déceptions, cette fois. Il faut noter l’absence de deux groupes chéris jusque-là, que sont Parquet Courts et surtout Suuns. Le premier a réalisé un album très honorable dans la lignée de ses précédents, mais les Canadiens ont eux été un peu trop loin. Peut-être y reviendra-t-on plus tard, mais pour le moment, on a du mal à continuer de les suivre dans cette direction.

Enfin, il faut citer également Motorpsycho qui manque le coche de peu, tout comme Kevin Morby, la faute sans doute à un manque de sex appeal et enfin Lionlimb, un peu trop classique pour mériter une place cette année, mais qu’on ne manquera pas de suivre.

Ceci étant dit, voici le classement non exhaustif (ce sera sans doute de plus en plus le cas) des albums à ne pas rater en 2016.

1 – DIIV – Is The Is Are

Sans doute parce qu’on était passé à côté de Oshin, le premier album de ce fantastique groupe américain, DIIV a tourné de nombreuses heures sur nos platines. Mêlant un tas d’influences rock – notamment les plus sombres – et porté par une belle énergie, Is The Is Are, a été comme une évidence cette année. Un univers large et plein de tonalités qui ne demande qu’à être exploré. Génial.

2 – Daughter – Not To Disapear

Ils auraient bien pu figurer à la première place, mais il faut plus de temps pour s’imprégner de l’univers majestueux d’Elena Tonra et de ses comparses. La voix magnifique et les compositions nous transportent littéralement. De vraies petites pépites s’y cachent, plutôt celles qu’on a tendance à garder pour soi. Nous prenons le risque de vous partager le secret ! Magistral.

3 – Metronomy – Summer 08

La présence des Anglais dans ce classement (et aussi haut) en surprendra plus d’un, tant les critiques ont été sévères. Mais Summer 08 n’a aucun point faible. Certes, les singles sont moins immédiats que ceux de The English Riviera, mais l’album est bien meilleur que Love Letter et renoue avec les débuts du groupes qui étaient déjà très appréciables. Rafraichissant.

4 – The Avalanches – Wildflower

Véritable surprise de l’année, on n’attendait plus The Avalanches et encore moins avec un album aussi réussi. On retrouve tout le style impeccable de ces Australiens dont le seul autre album, Since I Left You, date de 2000. Les échos de la vie, les bruitages, les rythmes s’entremêlent pour créer un album magique. Une meilleure place n’aurait pas été volée. Incroyable.

5 – GoGo Penguin – Man Made Object

Deuxième surprise de ce classement, ces Anglais qui s’orientent plutôt vers le jazz lounge, ont cassé la baraque pour obtenir rapidement une place bien au chaud du classement. Tout en maîtrise, GoGo Penguin peut pourtant à tout moment céder à la folie, produisant une musique tout en inattendus et en folie. De quoi donner l’envie d’aller plus loin vers ces horizons. Enivrant.

6 – Sunflower Bean – Human Ceremony

Avec ce premier album, ces jeunes Américains frappent un grand coup. Malheureusement sans doute passée un peu trop inaperçue, la musique des « graines de tournesol » suit une tradition rock de grande qualité, tout en revivifiant une année un peu trop stéréotypée et à tendance popisante. Entremêlant voix féminine et masculine, il y en a pour tous les goûts et on a hâte d’en avoir confirmation avec le prochain album. Energisant.

7 – The Goon Sax – Up To Anything

Autre premier album, cette fois ci un peu plus classieux, la musique indie pop des Australiens fait la différence assez rapidement. Louis Forster, fils du leader des Go Betweens, n’a aucun mal à s’imposer dans ces mélodies simples et efficaces, portées par une voix des plus habituelles. On aime écouter cet album, on y retourne et on le partage. The Goon Sax, mangez en, c’est bon pour la santé ! Classe.

8 – Justice – Woman

Il faut bien avouer que les chansons des Français finissent forcément par rester en tête. Si les compositions ne sont pas toutes incontournables, elles ont le mérite d’être efficaces et plutôt bien faites. Ça bouge, ça donne envie, on y revient. Justice pioche un peu partout, s’inspire de pas mal d’univers pour reconstituer le sien. Un retour réussi après un deuxième album moins convaincant. Revigorant.

9 – The Last Shadow Puppets – Everything You’ve Come To Expect

Le premier opus, il y a maintenant 8 ans, avait claqué comme une évidence. On se demandait si on reverrait un jour le duo, c’est chose faite. Même si le résultat n’a plus le même effet de surprise, le constat reste positif. Le retour se fait avec une certaine maîtrise, ce qui empêche sans doute les coups de folie, mais rien qui n’entrave le plaisir. Sympathique.

10 – Moderat – III

Un peu d’électro pour finir, même s’il es bien difficile de définir un vrai style à Moderat. On entend de ci-de-là des influences hip hop, trip hop, etc. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que les Allemands poursuivent une carrière impeccable, sans accro après ce troisième album qui nous transporte vers des zones sécurisés de façon assez aléatoire. Une prise de risques qu’on aime vraiment beaucoup. Electrisant.

YANNICK LACOMBE

1- Frank Ocean – Blonde
2- The Weeknd – Starboy
Parce que ces deux-là sont le futur de la musique. Parce qu’ils ont fait voler en éclat les frontières de la musique, entre pop et hip-hop, R&B et électro, spoken music et ritournelles absolues. Les deux grands disques de 2016, haut la main.

3- Christophe – Les vestiges du chaos
Parce qu’il est le dernier à porter hautes les couleurs du génie musical français, après Serge Gainsbourg, Alain Bashung et Daniel Darc. Un album monstre, un album somme, un classique instantané aux influences musicales ultra contemporaines.

4- Parquet Courts – Human Performance
Le seul grand disque de rock de l’année 2016. Ils viennent de Brooklyn et ça fait du bien.

5- Nick Cave and the bad seeds – Skeleton Tree
L’oraison funèbre merveilleuse du grand poète australien pour son fils disparu. Transperçant jusqu’aux larmes.

6- DJ Shadow – The Mountain will fall
Le grand retour du DJ californien 30 ans après son chef d’œuvre Endtroducing. De l’électro qui sent la sueur et le vinyle. Le digne héritier du Get Down du Bronx et de l’électro de Detroit. Jouissif.

7- Justice – Woman
Un album tubesque au son lourd et entêtant. Un électrochoc.

8- DJ Pone – Radiant
Exfiltré de Birdy Nam Nam et de ses collaborations avec de nombreux groupes de rap français (Casseurs flowters, Triptik, …), il casse la baraque avec un premier album parfait aux invités élégants (Sage, JAW). Le coup de cœur découverte de 2016.

9- Club cheval – Discipline
Autre coup de cœur découverte de 2016, l’électro dansante et impeccable de quatre garçons venus de Lille, déjà auteurs de remixes remarqués (Rihanna, The Weeknd, The Do, …) et hébergés sur le label de Brodinski. Euphorisant.

10- PNL – Dans la légende
Les meilleurs pour la fin ou presque. PNL, la chose la plus importante qui soit arrivée à la musique française ces trois dernières années. Dans la légende, à coup sûr.

FREDERIC RACKAY

1 – Nick Cave & the Bad Seeds – Skeleton Tree

D’une tristesse et d’une noirceur infinies, le chant d’amour et d’adieu bouleversant d’un père pour son fils disparu trop tôt.

2 – Radiohead – A moon shaped pool

Le grand retour en forme et aux sources du quintet d’Oxford.

3 – Suuns – Hold/Still

De plus en plus expérimental et radical, la musique des Canadiens a le don de vous retourner le cerveau.

4 – Christophe – Les vestiges du chaos

La musique ultra moderne d’un septuagénaire magnifique.

5 – David Bowie – Black star

L’album testamentaire, pour l’éternité.

6 – Agnes Obel – Citizen of glass

Une voix et une musique qui ont l’art de vous transporter dans un endroit paisible et chaleureux, et vous plongent dans une béatitude hors du temps.

7 – Car seat headrest – Teens of denial

La révélation indie de l’année, petit précis de songwriting sous influence low fi. Véritable talent précoce et prolifique, Will Toledo ira loin.

8 – Angel Olsen – My Woman

Une musique qu’on dirait issue d’une autre époque, nous provenant d’un vieil électrophone qui tournerait depuis les années 60.

9 – Motorama – Dialogues

Moins dark et cold et plus lumineux que d’ordinaire, ce nouvel opus n’indique aussi signe d’essoufflement d’un groupe très prolifique, mais prouve au contraire une inspiration sans cesse renouvelée qu’on dirait sans limite.

10 – Daughter – Not to disappear

De la dream pop qui n’a rien à envier à celle de Beach House, dont Daughter mériterait le succès.

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