Top Albums 2013

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TONY COEHLO

En introduction à ce top 10 2013, quelques mots pour dire à quel point il m’a été difficile de n’en retenir que 10. Bien d’autres artistes auraient pu figurer ici. Je voudrais citer notamment The National, Midlake, Boards Of Canada, Disclosure, ou encore Foals qui n’apparaissent pas à cause sans doute d’une volonté de mise en avant de musiques, au moins tout aussi remarquable, mais qui n’ont pas la même couverture médiatique.
N’apparaissent pas non plus les albums de Nick Cave, David Bowie, Arcade Fire, Mazzy Star ou encore Sigur Ros, véritables têtes de gondole de l’année et à juste titre, mais qui pour le coup m’ont moins convaincu.
Enfin, d’autres groupes ont manqué le coche, la faute à une écoute sans doute insuffisante pour pouvoir les positionner sans hésiter dans ce top 10. Je pense notamment à Portugal. The Men, San Fermin, Cayucas, Delorean ou encore Haim.
Sur ce, voici mes choix, merci 2013 et vivement 2014 !

1 – Washed Out – Paracosm
Paracosm désigne en anglais un monde imaginaire avec sa propre histoire et sa propre langue. Ernest Greene ne trompe ainsi pas son monde en nous emmenant ailleurs. Fort d’un premier album impressionnant (Within ans Without), nous revoilà un Washed Out en grande forme avec un album un peu plus acoustique et donc un vrai challenge. Pari réussi !

2 – Suuns – Images du Futur
2013 restera sans doute l’année Suuns. Déjà largement plébiscité lors de la sortie de Zeroes QC, Suuns réussi le tour de force de nous emmener encore plus loin dans leur univers froid, direct et inquiétant. On est comme envouté lorsqu’on les écoute et les prestations scéniques confirment absolument cela. Incontournable.

3 – Juveniles – Juveniles
C’est un peu la prime à la découverte ! Premier album de ce duo rennais qui a su très bien s’entouré (Yuksek, Kitsuné) et premier succès. Leur musique est taillé pour le dancefloor et va à l’essentiel, à savoir un plaisir simple et puissant. We Are Young, slogan d’une génération ? A confirmer !

4 – Baths – Obsidian
Voici de l’électro pure. Une musique saccadée, rebondissante, mais d’une teneur mélodique si puissante qu’on y revient inlassablement. Certes peut-être moins accessible, parce que plus calme, plus sombre, Baths reste néanmoins sur des compositions qui prennent tout leur sens dans une écoute individuelle et introspective. Saisissant.

5 – Poni Hoax – A State Of War
5 longues années mais ça en valait la peine. Malgré les obstacles et les réticences, Poni Hoax réalise un retour remarquable en proposant une nouvelle fois un album remplit de très bonnes choses. Véritable machine à tubes, Poni Hoax, avec ce nouvel album, ne déroge pas à la règle. On en redemande !

6 – Junip – Junip
De toute façon, José Gonzalèz pourrait chanter le bottin avec une grâce qu’on ne retrouverait même pas chez la plus attendrissante danseuse étoile. Avec cet album éponyme, Junip démontre, sans coup férir, toutes les subtilités et la minutie qui composent leur musique. Certes, moins entrainant que bien d’autres, c’est ailleurs qu’on recherche l’émotion, et de ce côté Junip sait y faire. Magnifique.

7 – Allah-Las – Allah-Las
Ah, si mon disquaire était aussi bon que ceux qui composent le groupe Allah-Las ! Voilà, l’album rafraichissant de l’été 2013. Plongé aux profondeurs des années 70, tout en sonnant comme très contemporain, on est bercé par ces plages (de sable fins) qui sentent bons l’apéro barbecue. Un vrai retour aux sources.

8 – Daft Punk – Random Access Memories
Surement l’album le plus controversé de l’année. Avec cet album, Daft Punk a tranché dans le vif. Preuve de l’ influence majeure du duo. Quoiqu’on en dise, on l’a tous écouté cet album, et il prendra son meilleur arôme sans doute dans quelques années. Ne vaut-il pas mieux créer la mode que la suivre ? Pour ma part, c’est un bon cru. Santé !

9 – My Bloody Valentine – M B V
La plus belle arlésienne de l’histoire du rock abouti à un album certes sans grandes nouveautés, mais avec des compositions de belle facture. Un peu comme si cet album était sorti deux ans après le culte Loveless. Et en ça, c’est déjà un véritable exploit. Même énergie, toujours ce mur de son, toujours ces lignes de guitares magique. Belle réussite même si on peine à y voir une réelle suite. Culte.

10 – Ghostpoet – Some Say I So I Say Light
Véritable OVNI dans la musique moderne, Ghostpoet confirme qu’avec un peu d’imagination, d’intelligence et de débrouillardise, on peut encore créer une œuvre originale et unique. Basé sur des contres temps, des tempos hip hop, et surtout sur un chant qui n’appartient qu’à lui, cet album de Ghostpoet méritait d’être ici mis en avant. Impressionnant.

FABIEN GABAIG

1 – Marcos Valle : Previsão do tempo (réédition)
2 – Meridian Brothers : Desesperanza
3 – Bill Callahan : Dream River
4 – Marcos Valle : Garra (réédition)
5 – Body/Head : Coming Apart
6 – Bombino : Nomad
7 – Primal Scream : More Light
8 – Black Sabbath : 13
9 – William Onyeabor : Who is William Onyeabor ? (compilation)
10 – Shannon Wright : In Film Sound

CAMILLE HERVÉ

1 Nick Cave & the Bad Seeds (Push the sky away) pour Jubilee street et Push the sky away

2 James Blake (Overgrown) parce que c’est la découverte de l’année

3 Willis Earl beal (Nobody Knows) pour sa voix chaude et envoûtante

4 Daft Punk (Random access memories) parce que ça swingue

5 Détroit (Horizons) pour Bertrand Cantat au sommet de son art

6 Foals (Holy Fire) parce que la voix de Philippakis se marie tellement bien avec les sons acidulés et entraînants du groupe

7 Agnes Obel (Aventine) parce que les morceaux sont comme une cascade d’eau pure

8 Savages (Silence yourself) parce qu’elles ont de l’énergie à revendre

9 Sunns (Images du futur) pour 2020

10 Saez (Miami) parce que les textes sont trash et drôles à la fois

JEAN-LUC LE GUENNAN

1 – Horizons (Bertrand Cantat)
2 – Aventine (Agnes Obel)
3 – In film sound (Shannon Wright)
4 – Ostinato (Versari)
5 – Random access memories (Daft Punk)
6 – The golden age (Woodkid)
7 – Images du futur (Suuns)
8 – Push the sky away (Nick cave and the Bad seeds)
9 – Drones personnels (Babx)
10 – Drenge (Drenge)

NICOLAS MOUTON BAREIL

1 Delta Machine (Depeche Mode) parce que c’est pas au vieux singe qu’on apprend à faire la grimace.

2 False Idols (Tricky) Parce que c’en est une vraie.

3 The Next Day (Bowie) Parce que c’est toujours beau quand le glam se fait spectral.

4 Head Up High (Morcheeba) Parce que la voix de Skye Edwards et le mélange de la pop et du trip hop

5 Les chansons de l’innocence retrouvée (Etienne Daho) parce qu’elles ne sont pas si légères que ça, ces chansons qui parlent de Piazza Navona : J’étais là très tôt ce matin/Je te cherchais/A vive allure, le passé nous rattrape/Je me demande si j’ai eu raison/Et me voici à Rome/Devant chez toi

6. Horizons (Détroit) Parce que la voix et les mots sont toujours là, même si le rock est absent

7 J’ai l’honneur d’être (Brigitte Fontaine) Parce que décalée et jouissive

8 Art Pop (Lady Gaga) Parce que je suis une pétasse arty qui n’a pas peur de danser sur Applause.

9 Random Access Memories (Daft Punk) parce que si on ne l’aime pas, on se fait lyncher

10 Chapelle Sixteen (Daniel Darc) parce que belle lettre d’adieu, malgré quelques bondieuseries inévitables

JÉRÔME QUERCIA

1. The Next Day Extra (Bowie)
Avec la réédition Extra, ça fait 24  nouveaux titres en tout cette année. Après plusieurs mois de décantation, seuls un ou deux titres ou vraiment virés aigres. Pour le reste, beaucoup de plaisir. La chanson The Next Day est une tuerie. Boss Of Me aussi. Les ballades Where are we now? ou  So Lonely You Could  Die sont à tomber. Bon j’arrête. Le CD EXTRA fonctionne presque comme un autre album à part entière. Et puis ce remixe lancinant de Love is Lost par James Murphy, pfff…

2. Cabinet of Curiosities (Jacco Gardner)
Mon petit chouchou de l’année. Superbe album. Des mélodies inatteignables pour beaucoup, les poux Arcade Fire en tête.

3. New Music For Amnesiacs (Sparks)
Cette année les fabuleux Sparks sortent pour la première fois une anthologie qui couvre l’ensemble de leur ..hum…carrière. La récente période (les années 2000) est parfaitement représentée et c’est tant mieux: c’est la meilleure. Quand on commence à écouter les Sparks , le reste n’a plus le même goût.

4. Field of Reeds (These New Puritans)
Pas vus au Bikini, mais l’album, tout en retenue  m’a plu.

5. Nomad (Bombino)
Super disque, le plus chaud de l’année, fun et groovy. Dans 15 ans il n’aura pas bougé d’un pouce celui-là. On verra en début d’année si le nouveau projet africain de Damon Albarn suit.

6. Push The sky away (Nick Cave & the Bad Seeds)
Quelques chansons vraiment belles, un beau disque, qui tire vers l’épure.

7. Delta machine (Depeche Mode)
J’aime bien l’idée du Blues électronique. Écouté cet été, touffu, dense.

8. Pieces (Baby Guru)
Joli disque psyche-kraut qui ne figurera pas dans les listes de fin d’années. Il faut oublier que les grecs existent ces temps-ci.

9. Wonderful, Glorious (Eels)
En début d’année, j’avais repéré 2-3 bons titres sur cet album que tout le monde a déjà oublié.

10. White Light White Heat – Mini box set (The velvet underground)
Superbe réédition enfin à la hauteur de celle de l’album banane ou du double Loaded de 1997. Pourrait sortir en 1969 ou 2069.

FRÉDÉRIC RACKAY

1 Nick Cave & the bad seeds (Push the sky away)
De retour avec son album le plus apaisé depuis The boatman’s call, Nick Cave signe rien de moins qu’un chef d’oeuvre. Chaque titre est une véritable pépite en soi, la production joue sur de la dentelle et le dernier titre éponyme une véritable profession de foi qui tutoie la voute céleste. Magnifique.

2 Agnes Obel (Aventine)
Après le succès de son premier opus, la Danoise aurait pu succomber à l’appel de tous les excès – de cordes, de production – mais procède a contrario avec un disque d’une beauté toute simple. La voix (utilisée aussi comme un instrument en soi), un piano, un violoncelle, voilà qui suffit à nous sidérer par la beauté des compositions et des mélodies, qui provoquent un doux sentiment de bien-être et une émotion durable. Sublime.

3 Détroit (Horizons)
Le retour tant attendu de Bertrand Cantat, dont la voix et la puissance de l’écriture manquaient tant à la chanson française. Si le rock est a priori absent de ces chansons, elles sont cependant traversées par une énergie souterraine qui jaillit ponctuellement en surface (HorizonLe creux de ta main) et s’appuient sur des textes personnels qui procurent les émotions les plus fortes de l’album (Ma museAnge de désolation).

4 James Blake (Overgrown)
Avec ce deuxième album, le jeune prodige Anglais fait un grand bond en avant et dépasse son statut de simple crooner pour midinettes. Les nouveaux titres touchent autant le cerveau que les jambes et le cœur. Déjà formidable sur disque, c’est sur scène que la musique de James Blake prend toute son ampleur.

5 Suuns (Images du futur)
Les Canadiens s’imposent définitivement dans la cour des grands avec ce deuxième opus, tendu, nerveux et hypnotique.

6 David Bowie (The next day)
On ne l’attendait pas celui-là, on l’imaginait plutôt crépusculaire, précédé du somptueux et introspectif Where are you know ?, mais c’est bel et bien le rock qui est convoqué ici, pas toujours d’une grande finesse (la section rythmique toute pachydermique) mais d’une redoutable efficacité et d’une belle énergie. Celle de la jeunesse.

7 Savages (Silence yourself)
La révélation rock de l’année, ce groupe de filles qui délivrent un garage rock sec et frontal, porté par une voix sous tension et des influences héritées de la new wave. Husbands est certainement LE morceau de l’année, immédiatement addictif.

8 Mendelson (triple album)
À la fois complexe et paradoxalement d’une relative accessibilité, ce monstre d’album nécessite toutefois quelques écoutes pour s’apprivoiser. Mais l’effort en vaut la chandelle, ce disque inclassable et exigeant est ce que l’on a entendu de mieux dans le paysage de la chanson française ces dernières années.

9 Daft Punk (Random access memories)
Plus funky et organique que leurs disques précédents, ce nouvel album est un concept qui revisite sans complexe le meilleur de la musique des 70’s. Ambitieux, monumental, le disque contient autant de tubes potentiels que de titres, auxquels il est bien difficile de résister à moins de faire preuve de mauvaise foi.

10 Willis Earl Beal (Nobody knows)
Un album de blues moderne, physique, animal, quasi chamanique dans la façon dont la voix, entre colère et apaisement, donne l’impression de réciter tantôt un mantra, tantôt une prière.